Comment le Shiatsu est-il devenu le « Shiatsu » que nous connaissons aujourd’hui ?

Comment le Shiatsu est-il devenu le « Shiatsu » que nous connaissons aujourd’hui ?

De l’ouvrage Shiatsu-hō de Tamai Tenpeki à la reconnaissance officielle du Shiatsu au Japon : une histoire méconnue, entre traditions corporelles, législation et transformations de la société japonaise

Carnet de recherche — Première synthèse provisoire, octobre 2026

Cet article accompagne la préparation de mon stage consacré à l’ouvrage Shiatsu-hō (指圧法) de Tamai Tenpeki. Il ne constitue ni une étude historique définitive ni une analyse juridique exhaustive. Il présente les grandes lignes de mes recherches actuelles, les découvertes qui m’ont particulièrement intéressé et les nombreuses questions qui restent ouvertes.

En introduction — Ce que cette recherche m’a fait découvrir

Je prépare actuellement à Paris un stage consacré à Shiatsu-hō (指圧法), un ouvrage historique de Tamai Tenpeki (玉井天碧).

Né au Japon, je pratique et j’enseigne le Shiatsu en France depuis de nombreuses années. Je pensais donc connaître assez bien cette discipline qui occupe une place si importante dans ma vie.

Pourtant, en me plongeant dans cet ouvrage ancien, j’ai commencé à regarder le Shiatsu sous un angle différent.

Une question, en apparence très simple, s’est progressivement imposée à moi :

Comment le Shiatsu est-il devenu ce que nous appelons aujourd’hui le « Shiatsu » ?

Cette interrogation m’a conduit à explorer un domaine auquel je ne m’étais pas particulièrement intéressé jusqu’alors : l’histoire de la législation japonaise concernant le Shiatsu et les autres pratiques corporelles.

J’y ai découvert une histoire bien plus complexe et passionnante que je ne l’imaginais.

Aujourd’hui, au Japon, le Shiatsu appartient à un système de qualification professionnelle reconnu par l’État. Mais cette situation n’a rien d’évident ni d’intemporel.

Avant la Seconde Guerre mondiale, le Japon connaissait une grande diversité de pratiques corporelles : Anma, Anpuku, Dō-In, différentes méthodes de manipulation et de rééquilibrage du corps, ainsi que d’autres formes de soins traditionnels ou modernes.

Après la guerre, une loi adoptée en 1947 a profondément bouleversé la situation professionnelle de nombreux praticiens, dont ceux du Shiatsu.

En 1955, le Shiatsu a été intégré au cadre légal de l’Anma. Il obtenait ainsi une reconnaissance juridique, mais au prix d’une intégration dans une catégorie professionnelle déjà existante.

En 1960, un arrêt important de la Cour suprême du Japon a précisé les limites de l’interdiction et de la sanction des pratiques thérapeutiques non réglementées.

Enfin, en 1964, le mot « Shiatsu » a été officiellement inscrit dans l’intitulé d’une qualification professionnelle nationale.

Derrière cette évolution législative apparaissent des enjeux humains et sociaux considérables : la survie économique des praticiens, la protection des professions existantes, la place traditionnelle des personnes aveugles dans le métier d’Anma, les politiques de santé publique et les efforts de reconnaissance d’une discipline.

Cette histoire m’a amené à une réflexion essentielle :

La reconnaissance juridique du Shiatsu et la définition de ce qu’est fondamentalement le Shiatsu sont deux questions différentes.

C’est précisément ce qui rend la lecture de l’ouvrage de Tamai Tenpeki si intéressante aujourd’hui.

Je voudrais ici partager les grandes lignes de cette recherche, non pour apporter des conclusions définitives, mais pour ouvrir de nouvelles pistes de réflexion.

Car plus j’avance, plus je découvre qu’il reste de nombreux documents à étudier, des points à vérifier et des questions à approfondir.

Ce texte est donc avant tout une étape dans un travail en cours, que j’aimerais prolonger et partager avec les participants de mon prochain stage.


1. Tout a commencé avec un ancien livre de Shiatsu

En préparant ce stage, je me suis replongé dans Shiatsu-hō, l’ouvrage de Tamai Tenpeki.

Au départ, mon intérêt était essentiellement pratique.

Comment pratiquait-on le Shiatsu à cette époque ? Comment plaçait-on les mains ? Comment exerçait-on les pressions ? Quelles étaient les différences avec les méthodes enseignées aujourd’hui ?

Je voulais également savoir si cet ouvrage contenait des techniques ou des principes susceptibles d’enrichir notre pratique actuelle.

Mais au fur et à mesure de ma lecture, j’ai compris qu’il me manquait quelque chose d’essentiel : le contexte historique dans lequel ce livre avait été écrit.

Aujourd’hui, nous employons naturellement les mots Shiatsu, Anma, Seitai ou encore Dō-In.

Nous avons tendance à considérer qu’ils désignent des disciplines bien distinctes, chacune possédant ses méthodes, ses écoles et ses références.

Pourtant, lorsqu’on remonte dans l’histoire, les frontières entre ces pratiques apparaissent beaucoup moins simples.

Comment se sont-elles constituées ?

Leurs différences proviennent-elles uniquement des techniques utilisées ?

Ou bien ont-elles également été façonnées par l’enseignement, les organisations professionnelles, les intérêts économiques et les décisions de l’État ?

C’est à partir de ces questions que j’ai commencé à explorer l’histoire juridique du Shiatsu au Japon.

Et j’ai découvert que cette histoire pouvait nous aider à mieux comprendre notre pratique actuelle.

2. Le Shiatsu existait bien avant sa reconnaissance par l’État

Il faut commencer par distinguer deux histoires.

D’un côté, l’histoire des techniques corporelles.

De l’autre, l’histoire de leur reconnaissance et de leur réglementation en tant que professions.

Ce ne sont pas nécessairement les mêmes.

Une technique ne naît pas le jour où son nom apparaît dans une loi.

Bien avant l’établissement du système moderne des qualifications professionnelles, le Japon possédait différentes traditions de travail corporel.

Parmi elles, on peut notamment citer :

Anma (按摩) : une tradition japonaise de travail manuel sur le corps, historiquement liée aux techniques de pression, de mobilisation, de friction et de manipulation. Le terme possède une histoire ancienne et ne doit pas être confondu automatiquement avec le massage occidental.

Anpuku (按腹) : littéralement, le travail manuel de l’abdomen. Il s’agit d’un ensemble de pratiques portant sur le ventre, dont l’histoire est liée à celle de l’Anma et des méthodes japonaises de soin et d’entretien de la santé.

Dō-In (導引) : un ensemble de pratiques corporelles d’origine est-asiatique, associant selon les traditions mouvements, respiration, automassages et travail de la conscience corporelle. Le Dō-In ne se réduit pas à une seule méthode uniforme.

Kappō (活法) : terme désignant des méthodes de réanimation ou de restauration du fonctionnement corporel, historiquement associées notamment à certaines traditions d’arts martiaux japonais.

Seitai (整体) : terme signifiant littéralement « ajustement » ou « harmonisation du corps ». Il recouvre différentes écoles et méthodes de travail corporel, dont les histoires ne sont pas toutes identiques.

À ces traditions s’ajoutent, au cours de la modernisation du Japon, des influences venues d’Occident, notamment la chiropratique et l’ostéopathie.

Il serait excessif d’affirmer que toutes ces pratiques sont directement à l’origine du Shiatsu moderne.

Leurs relations exactes doivent être étudiées à partir des documents, des personnes et des transmissions.

Mais une chose me semble importante : le Shiatsu ne s’est pas développé dans un univers isolé.

Il s’inscrit dans une histoire plus vaste des pratiques corporelles japonaises.

C’est dans ce contexte que l’ouvrage de Tamai Tenpeki prend tout son intérêt.

On y trouve notamment des approches visant non seulement à agir sur certaines parties du corps, mais aussi à entretenir ou à renforcer la santé.

Un chapitre porte par exemple le titre Fukunaizōki Kyōken-hō (腹内臓器強健法).

On pourrait le traduire, de manière explicative, par « Méthode destinée à renforcer la vitalité et le bon fonctionnement des organes internes par le travail abdominal ».

Le mot kyōken (強健) évoque l’idée de rendre le corps fort, robuste et sain. Il ne désigne pas simplement la disparition d’un symptôme.

Cette terminologie révèle une préoccupation qui mérite d’être examinée : la place de l’entretien et du renforcement du corps dans les conceptions anciennes du Shiatsu.

Bien entendu, le titre d’un chapitre ne suffit pas à établir l’efficacité physiologique des méthodes décrites.

Mais il nous renseigne sur les intentions de l’auteur et sur la manière dont il concevait sa discipline.

Un ouvrage ancien ne nous donne pas à lui seul toute l’histoire du Shiatsu. Mais il peut ouvrir une porte vers un monde que nous avons progressivement cessé de voir.


3. Avant la guerre : une grande diversité de pratiques thérapeutiques

Dans le Japon d’avant-guerre, certaines professions, comme l’Anma, l’acupuncture ou la moxibustion, étaient déjà soumises à des réglementations spécifiques.

À côté d’elles existaient de nombreuses autres pratiques.

Certaines utilisaient les mains et les mouvements du corps. D’autres employaient la chaleur, la lumière, l’électricité ou différents appareils.

L’administration japonaise cherchait à encadrer ces activités, notamment pour des raisons de sécurité et de santé publique.

En 1930, la Préfecture de police métropolitaine de Tokyo, appelée Keishichō (警視庁), a adopté un règlement concernant les pratiques thérapeutiques, le Ryōjutsu Kōi ni Kansuru Torishimari Kisoku (療術行為ニ関スル取締規則).

Pour comprendre ce document, il faut faire une distinction importante avec le système français.

Le Keishichō n’est pas le Parlement japonais. Il s’agit de l’autorité de police métropolitaine de Tokyo.

Le règlement de 1930 n’était donc pas une loi nationale applicable uniformément à tout le Japon.

Il s’agissait d’une réglementation administrative territoriale, dans un contexte historique où la police jouait un rôle important dans le contrôle de nombreuses activités professionnelles.

On pourrait, pour faciliter la compréhension, penser à certaines réglementations de police administrative en France. Mais l’organisation japonaise de l’époque était différente, et cette comparaison ne doit pas être prise comme une équivalence institutionnelle exacte.

Cette réglementation nous apprend surtout que les autorités japonaises considéraient déjà les pratiques thérapeutiques non conventionnelles comme un domaine nécessitant une surveillance.

Elle soulève également plusieurs questions.

Comment les autorités distinguaient-elles le Shiatsu du Seitai ou des autres manipulations corporelles ?

Les praticiens eux-mêmes utilisaient-ils ces catégories ?

Existait-il des frontières techniques clairement établies ?

À ce stade de ma recherche, je ne prétends pas pouvoir répondre précisément à toutes ces questions.

Il reste nécessaire de consulter les textes réglementaires originaux, les documents administratifs et les publications professionnelles de l’époque.

C’est précisément l’un des aspects qui rendent cette histoire si passionnante.

4. 1947 : une loi qui bouleverse le monde des praticiens

Nous arrivons maintenant à un tournant majeur.

Le 20 décembre 1947, une nouvelle loi est promulguée au Japon. Elle entre en vigueur le 1er janvier 1948.

Il s’agit de la loi n° 217 de 1947, intitulée à l’époque Anma, Hari, Kyū, Jūdō Seifuku-tō Eigyō-hō (按摩、はり、きゅう、柔道整復等営業法).

Son titre pourrait être traduit par « Loi relative à l’exercice professionnel de l’Anma, de l’acupuncture, de la moxibustion, du Jūdō Seifuku et des activités apparentées ».

Le Jūdō Seifuku (柔道整復) est une discipline japonaise de soins manuels, historiquement liée aux techniques de traitement des blessures dans les traditions martiales. Il possède au Japon son propre cadre de qualification professionnelle.

Pour les lecteurs français, quelques précisions sur le vocabulaire juridique sont nécessaires.

Au Japon, une loi nationale est adoptée par la Kokkai (国会), la Diète nationale, c’est-à-dire le Parlement japonais.

Celui-ci est composé de deux chambres : la Chambre des représentants (Shūgiin, 衆議院) et la Chambre des conseillers (Sangiin, 参議院).

La Diète japonaise joue donc, dans le domaine législatif, un rôle comparable à celui du Parlement français, composé de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Les deux systèmes possèdent cependant des règles constitutionnelles et parlementaires différentes.

Lorsqu’une loi japonaise est publiée officiellement, elle reçoit un numéro correspondant à son année de promulgation.

Ainsi, « loi n° 217 de 1947 » signifie qu’il s’agit d’une loi japonaise identifiée par ce numéro et cette année.

Il faut également distinguer deux notions :

  • La promulgation, qui correspond à la publication officielle de la loi après son adoption selon la procédure constitutionnelle.
  • L’entrée en vigueur, date à partir de laquelle ses dispositions deviennent applicables.

Cette distinction existe également en droit français.

Pourquoi cette loi était-elle si importante ?

La loi de 1947 organisait les professions de l’Anma, de l’acupuncture, de la moxibustion et du Jūdō Seifuku autour de qualifications et d’autorisations professionnelles.

Elle interdisait en principe l’exercice professionnel d’autres pratiques dites igyō ruiji kōi (医業類似行為).

Cette expression mérite une explication particulière.

Littéralement, elle signifie « actes ressemblant à des actes médicaux » ou « pratiques assimilées à la médecine ».

Mais il ne faut pas la confondre avec une catégorie française précise.

Elle désigne, dans le contexte juridique japonais, des pratiques qui ne sont pas nécessairement des actes médicaux réservés aux médecins, mais qui présentent une finalité ou une apparence thérapeutique et font l’objet d’un encadrement spécifique.

On peut rapprocher cette problématique de la manière dont le droit français distingue les professions de santé réglementées et les pratiques qui ne disposent pas d’un statut professionnel sanitaire comparable.

Cependant, la notion japonaise d’igyō ruiji kōi n’a pas d’équivalent juridique exact en France.

Il serait donc trompeur de la traduire simplement par « médecine illégale » ou « exercice illégal de la médecine ».

Ce sont des notions différentes, relevant de systèmes juridiques différents.

Une situation difficile pour les praticiens de Shiatsu

À cette époque, le Shiatsu existait déjà en tant que pratique et en tant qu’activité professionnelle.

Mais il ne bénéficiait pas encore d’une reconnaissance comme profession distincte au sein du système national de qualification.

Les praticiens de Shiatsu se sont donc retrouvés confrontés aux dispositions concernant les pratiques thérapeutiques non intégrées aux professions reconnues.

La loi prévoyait toutefois des mesures permettant à certains praticiens déjà en activité de poursuivre temporairement leur profession, sous réserve de remplir des conditions précises et d’effectuer une déclaration auprès des autorités.

C’est ce que le droit japonais appelle une keika sochi (経過措置), c’est-à-dire une mesure transitoire.

Le principe est relativement familier en France.

Lorsqu’une nouvelle réglementation modifie les conditions d’exercice d’une profession, le législateur peut prévoir des dispositions transitoires pour les personnes qui exerçaient déjà cette activité.

On parle parfois de maintien de droits acquis ou de régimes dérogatoires, même si les conditions juridiques exactes varient.

Dans le cas japonais, ces mesures ne donnaient pas automatiquement une qualification professionnelle permanente.

Elles permettaient, sous certaines conditions, de continuer une activité pendant une période déterminée.

Pour les praticiens concernés, la différence était considérable.

Ils pouvaient poursuivre leur travail, mais sans être certains de pouvoir le faire indéfiniment.

Il faut replacer cette situation dans le Japon de l’immédiat après-guerre.

Le pays venait de subir une défaite militaire majeure. Les institutions, l’économie et de nombreux secteurs professionnels étaient en pleine réorganisation.

L’amélioration de la santé publique et la mise en place de qualifications professionnelles constituaient des objectifs importants pour l’État.

Mais ces réformes touchaient aussi directement la vie quotidienne de milliers de personnes.

Comment protéger la population tout en respectant le travail et les moyens de subsistance des praticiens déjà installés ?

Cette tension traverse toute l’histoire que nous allons suivre.

5. « Nous avons traversé une période de souffrance » : la parole des praticiens

En consultant les débats parlementaires de 1955, j’ai découvert un témoignage qui m’a particulièrement marqué.

Un représentant du monde du Shiatsu y évoque les difficultés provoquées par la loi de 1947.

Il déclare, en substance :

« Il est impossible de décrire avec des mots toutes les épreuves que nous, praticiens de Shiatsu, avons dû traverser depuis l’entrée en vigueur de cette loi. »

Ce témoignage est conservé dans les comptes rendus de la Commission des affaires sociales et du travail de la Chambre des conseillers, lors de la séance du 21 juillet 1955.

Au Japon, comme en France, les commissions parlementaires examinent les projets de loi et peuvent entendre des représentants de professions, d’organisations ou d’autres personnes concernées.

Ces auditions permettent de comprendre les débats qui accompagnent l’élaboration de la législation.

Elles ne constituent pas nécessairement une présentation objective et exhaustive de la situation. Les intervenants défendent souvent les intérêts ou les convictions de leur milieu professionnel.

Mais elles sont des sources historiques extrêmement précieuses.

Dans le cas présent, ce témoignage m’a profondément intéressé.

Je suis moi-même praticien de Shiatsu depuis de nombreuses années.

Je sais ce que représente le fait de construire une activité professionnelle, de recevoir des personnes, de transmettre une technique et de former de nouveaux praticiens.

Imaginons qu’un jour, une nouvelle loi remette en question notre droit de continuer à exercer.

Imaginons qu’il faille désormais obtenir une qualification portant le nom d’une autre discipline pour pouvoir poursuivre notre métier.

Comment réagirions-nous ?

À travers cette question, je commence à comprendre pourquoi les débats de l’époque ont pu être aussi intenses.

Pour les praticiens, il ne s’agissait pas seulement de défendre une technique.

Il s’agissait également de défendre un métier, une identité professionnelle et un moyen de vivre.

Il ne faut cependant pas oublier que les praticiens d’Anma, les acupuncteurs et les autres professionnels avaient eux aussi leurs préoccupations et leurs intérêts.

C’est justement cette diversité des points de vue qui rend l’histoire intéressante.


6. 1955 : le Shiatsu est reconnu, mais intégré à l’Anma

En 1955, une nouvelle étape est franchie.

La loi est modifiée afin d’inclure explicitement le Shiatsu dans le champ de l’Anma.

C’est une avancée importante : le Shiatsu trouve une place dans le système légal des professions réglementées.

Mais cette reconnaissance prend une forme particulière.

L’État ne crée pas une qualification autonome de « praticien de Shiatsu ».

Il considère que le Shiatsu peut être intégré à l’activité professionnelle de l’Anma.

Le ministère japonais de la Santé explique alors que, du point de vue de ses principes et de ses méthodes de pratique, le Shiatsu peut raisonnablement être inclus dans le domaine de l’Anma.

Pour comprendre cette décision, il faut se rappeler que le Japon possédait déjà une profession d’Anma réglementée.

Le gouvernement a donc choisi d’utiliser un cadre juridique existant plutôt que de créer immédiatement une profession entièrement nouvelle.

Cette décision pouvait paraître cohérente du point de vue administratif.

Mais pour certains praticiens de Shiatsu, elle soulevait une difficulté essentielle.

Ils considéraient leur discipline comme possédant une identité propre.

Ils souhaitaient être reconnus comme praticiens de Shiatsu, et non simplement comme praticiens d’Anma.

Cette situation me semble particulièrement intéressante pour les praticiens français.

Aujourd’hui, nous parlons volontiers du Shiatsu comme d’une discipline japonaise possédant ses principes, ses écoles et ses différentes approches.

Mais qu’est-ce qui permet réellement de distinguer le Shiatsu d’une autre pratique manuelle ?

Est-ce le type de pression ?

La posture du praticien ?

La conception du corps ?

L’utilisation des méridiens ?

La finalité de la séance ?

Ou encore l’histoire de la transmission et l’identité revendiquée par les praticiens ?

Le droit japonais a choisi une solution professionnelle et administrative.

Mais cette solution ne répondait pas entièrement à la question de l’identité du Shiatsu.

Reconnaître légalement une pratique ne signifie pas nécessairement en définir toute la richesse technique et philosophique.

La réforme de 1955 a également prolongé les possibilités d’exercice de certains praticiens déjà déclarés et prévu des modalités particulières d’accès à la qualification d’Anma.

Ces mesures visaient à faciliter une transition progressive.

Mais elles ne résolvaient pas tous les problèmes des autres pratiques thérapeutiques.

7. 1960 : la Cour suprême du Japon intervient

En 1960, un arrêt de la Cour suprême du Japon marque une nouvelle étape importante.

Le 27 janvier, la Cour suprême, réunie en Grande Chambre, examine la question de l’interdiction et de la sanction des pratiques thérapeutiques situées en dehors des professions réglementées.

La Saikō Saibansho (最高裁判所), ou Cour suprême du Japon, est la plus haute juridiction du pays.

Son rôle n’est pas exactement identique à celui de la Cour de cassation française ou du Conseil constitutionnel.

Elle constitue le sommet de l’ordre judiciaire japonais et peut notamment se prononcer sur des questions constitutionnelles.

La Grande Chambre intervient dans certaines affaires présentant une importance juridique particulière.

Le principe dégagé par la Cour

L’affaire concernait une pratique thérapeutique utilisant un dispositif technique, et non directement le Shiatsu.

La Cour a considéré que l’application de l’interdiction pénale aux pratiques thérapeutiques concernées devait tenir compte du risque de porter atteinte à la santé humaine.

Autrement dit, l’absence de qualification ou de déclaration ne suffisait pas, à elle seule, à justifier automatiquement toute condamnation sur le fondement de la disposition examinée.

Il fallait également prendre en considération le caractère potentiellement dangereux de la pratique.

Cette décision est importante pour comprendre la relation entre liberté professionnelle et protection de la santé publique.

Le Japon, comme la France, reconnaît certaines libertés constitutionnelles tout en permettant à l’État de réglementer les activités professionnelles pour des raisons d’intérêt général.

Mais les fondements constitutionnels et les mécanismes de contrôle ne sont pas exactement les mêmes.

Au Japon, l’article 22 de la Constitution protège notamment la liberté de choisir sa profession, dans les limites de l’intérêt public.

En France, la liberté d’entreprendre et la liberté professionnelle sont appréciées à partir d’autres fondements juridiques et constitutionnels.

La comparaison permet de comprendre la nature du problème, mais pas de transposer directement les solutions.

Une distinction fondamentale pour le Shiatsu

Cet arrêt n’a pas rendu toutes les pratiques thérapeutiques libres et légales.

Il n’a pas non plus autorisé toute personne sans qualification à exercer professionnellement le Shiatsu.

En effet, depuis 1955, le Shiatsu relevait déjà du cadre de qualification professionnelle de l’Anma.

Le ministère japonais de la Santé a d’ailleurs précisé en 1960 que la décision de la Cour suprême ne supprimait pas l’obligation de qualification applicable au Shiatsu.

C’est un point essentiel.

À partir de cette période, deux situations juridiques différentes se dessinent clairement.

D’un côté, le Shiatsu, intégré au système des professions réglementées.

De l’autre, diverses pratiques thérapeutiques qui restent en dehors de ce système et dont la situation relève d’autres dispositions et interprétations juridiques.

Pourtant, du point de vue de l’histoire des techniques corporelles, les frontières entre ces disciplines ne sont pas toujours aussi évidentes.

C’est précisément cette différence entre classification juridique et histoire des pratiques qui m’intéresse.

8. 1964 : le nom « Shiatsu » entre officiellement dans l’intitulé de la qualification

En 1964, une nouvelle réforme apporte une reconnaissance symbolique importante.

La qualification jusqu’alors désignée comme celle de praticien d’Anma prend le nom d’Anma Massage Shiatsu-shi (あん摩マッサージ指圧師).

On pourrait traduire cette expression par :

« Praticien diplômé et autorisé en Anma, massage et Shiatsu ».

Le terme japonais -shi (師) désigne ici le professionnel titulaire de la qualification correspondante.

Il ne faut pas comprendre ce changement comme la création de trois diplômes indépendants.

Il s’agit d’une qualification intégrée, couvrant les trois activités.

Le mot Shiatsu apparaît désormais explicitement dans l’intitulé officiel.

Cette modification possède une forte portée symbolique.

En 1955, le Shiatsu avait été reconnu à travers son intégration à l’Anma.

En 1964, son nom était inscrit aux côtés de l’Anma et du massage.

Cela ne créait toujours pas une profession juridiquement indépendante de « Shiatsu-shi », mais cela rendait sa présence dans le système officiel beaucoup plus visible.

Le problème des anciens praticiens

La réforme de 1964 comporte un autre élément important.

Elle supprime la date limite qui pesait sur certaines catégories de praticiens de thérapies non intégrées aux qualifications nationales, à condition qu’ils aient bénéficié des déclarations et dispositions transitoires prévues par les lois antérieures.

Il faut bien comprendre le sens de cette mesure.

Elle ne signifie pas que n’importe quelle personne pouvait désormais ouvrir librement une activité thérapeutique au Japon.

Elle visait à préserver la possibilité de continuer à travailler pour certains professionnels qui exerçaient déjà avant la mise en place du nouveau cadre légal.

Il s’agissait donc d’une forme de protection historique de situations professionnelles existantes.

Ce point rappelle une question que l’on retrouve dans de nombreuses réformes professionnelles, y compris en France : comment faire évoluer les conditions d’accès à un métier sans imposer brutalement l’arrêt de l’activité de ceux qui l’exercent depuis longtemps ?

Ainsi, en 1964, le Japon aboutit à une solution à deux niveaux.

Le Shiatsu est clairement inscrit dans une qualification professionnelle nationale.

Certaines autres pratiques continuent d’exister sous un régime dérogatoire hérité des dispositions transitoires.

Ce n’est pas une unification de toutes les pratiques thérapeutiques.

C’est une organisation juridique de leur coexistence, selon des statuts différents.


9. Que dit aujourd’hui la législation japonaise sur le Shiatsu ?

Après avoir étudié cette évolution historique, j’ai voulu revenir au texte de la loi actuellement applicable.

Il s’agit de l’Anma Massage Shiatsu-shi, Hari-shi, Kyū-shi-tō ni Kansuru Hōritsu (あん摩マツサージ指圧師、はり師、きゆう師等に関する法律).

Son intitulé signifie : « Loi relative aux praticiens d’Anma, de massage et de Shiatsu, aux acupuncteurs, aux praticiens de moxibustion et aux professions concernées ».

Au Japon, on l’appelle souvent Ahaki-hō (あはき法).

Le terme Ahaki est une abréviation construite à partir des premières syllabes d’Anma, Hari et Kyū, même si la loi actuelle mentionne également explicitement le massage et le Shiatsu.

Ce texte est issu de la loi de 1947, modifiée à plusieurs reprises.

Lire ses articles aujourd’hui revient donc, d’une certaine manière, à retrouver les traces des débats professionnels et sociaux du passé.

Je voudrais en présenter quelques dispositions particulièrement importantes.

Article 1 — Qui peut exercer professionnellement le Shiatsu ?

L’article premier établit que les personnes autres que les médecins qui souhaitent exercer professionnellement l’Anma, le massage ou le Shiatsu doivent obtenir la qualification nationale correspondante.

En japonais, le terme utilisé pour cette autorisation est menkyo (免許).

On peut le traduire par « licence » ou « autorisation professionnelle », mais il faut être prudent.

Dans le contexte japonais, il s’agit d’une habilitation réglementaire à exercer, délivrée dans le cadre prévu par la loi.

Ce n’est pas l’équivalent d’une licence universitaire française, ni d’une simple attestation délivrée par une école privée.

La distinction est essentielle.

En France, une formation en Shiatsu peut aboutir à un certificat ou à un titre délivré dans le cadre d’une organisation professionnelle ou d’un dispositif de certification. Cela ne signifie pas qu’elle confère automatiquement une autorisation comparable à la qualification nationale japonaise.

Il ne faut donc pas confondre la reconnaissance d’une formation et l’habilitation légale à exercer une profession réglementée.

Mais l’article premier japonais soulève également une question passionnante.

Il mentionne explicitement le Shiatsu sans donner, dans cet article, une description détaillée de ses techniques.

Il ne précise pas comment exercer la pression, combien de temps la maintenir, quelle posture adopter ou s’il faut utiliser les méridiens.

La loi détermine essentiellement qui est autorisé à exercer cette activité professionnelle.

Elle ne constitue pas, en elle-même, un traité complet sur la nature technique et philosophique du Shiatsu.

La définition juridique d’une profession et la compréhension profonde de sa pratique ne sont pas une seule et même chose.

Article 2 — Comment devient-on praticien qualifié au Japon ?

L’article 2 concerne la formation et l’examen national.

En règle générale, le candidat doit suivre au moins trois années de formation dans un établissement reconnu, puis réussir l’examen national correspondant.

La formation comprend notamment des connaissances en anatomie, physiologie, pathologie et d’autres matières nécessaires à l’exercice professionnel.

Ce système vise à assurer un niveau commun de connaissances et de compétences.

Il ne correspond pas exactement au fonctionnement de l’enseignement français du Shiatsu.

Pour comprendre la différence, il faut distinguer plusieurs éléments :

Une école peut dispenser une formation.

Une organisation peut délivrer une certification.

Mais seule la législation applicable peut déterminer si une qualification donne accès à une profession légalement réglementée.

Ces notions ne doivent pas être confondues.

La formation scientifique et la sécurité des soins occupent une place importante dans le système japonais.

Cependant, apprendre le Shiatsu ne se réduit pas nécessairement à préparer un examen.

Il existe aussi une histoire des gestes, de la posture, de la respiration, du contact et de la perception corporelle.

C’est justement l’un des domaines que je souhaite approfondir à travers les textes anciens.

Articles 4 et 5 — Les limites de la pratique

La législation japonaise précise que les praticiens qualifiés ne disposent pas des mêmes prérogatives que les médecins.

Elle interdit notamment certaines interventions telles que les opérations chirurgicales et l’administration de médicaments.

Elle prévoit également des restrictions concernant les interventions sur les zones de fracture ou de luxation, sauf dans les conditions prévues par la loi.

Ces dispositions rappellent un principe important.

Posséder une qualification professionnelle ne signifie pas être autorisé à effectuer n’importe quelle intervention sur le corps humain.

Dans notre travail sur Shiatsu-hō, il faudra également distinguer les descriptions historiques des techniques et leur éventuelle application aujourd’hui.

Une technique ancienne peut être intéressante à étudier sans devoir nécessairement être reproduite telle quelle.

L’analyse anatomique, les contre-indications, le consentement du receveur et la sécurité doivent rester prioritaires.

Article 7 — Comment peut-on présenter et promouvoir son activité ?

L’article 7 concerne la publicité des activités et des établissements de pratique.

La législation japonaise encadre les informations pouvant être utilisées dans la publicité professionnelle.

Cette réglementation vise notamment à limiter les présentations trompeuses ou excessives des compétences et des effets thérapeutiques.

Il serait cependant erroné de transposer directement ces règles à la France.

La publicité, l’information du public, les allégations de santé et les pratiques commerciales sont encadrées en France par des règles différentes.

Pour les praticiens français, la question générale reste néanmoins pertinente.

Comment présenter le Shiatsu sans promettre des résultats qui ne peuvent être garantis ?

Comment distinguer la présentation historique d’une méthode de la promotion commerciale d’un soin ?

Comment informer correctement les personnes qui souhaitent recevoir une séance ?

Ces questions concernent notre responsabilité professionnelle, indépendamment des différences entre les législations nationales.

Article 12 — Les pratiques thérapeutiques en dehors du système de qualification

L’article 12 est l’une des dispositions les plus importantes pour comprendre l’histoire du Shiatsu.

Il concerne l’interdiction de principe de certaines pratiques assimilées à la médecine, situées en dehors des activités reconnues par le cadre légal.

Mais son interprétation doit tenir compte de l’arrêt de la Cour suprême de 1960.

La question du risque pour la santé humaine est donc essentielle lorsqu’on examine la possibilité de sanctionner les activités concernées sur ce fondement.

Cela ne signifie pas que toutes les pratiques non réglementées sont automatiquement légales.

Et cela ne signifie pas non plus que l’on peut exercer professionnellement le Shiatsu sans la qualification japonaise requise simplement en changeant le nom de son activité.

Le contenu réel des actes pratiqués reste déterminant.

Article 12-2 — Une trace de l’histoire toujours présente dans la loi

L’article 12-2 est particulièrement fascinant d’un point de vue historique.

Il maintient un régime particulier pour certaines personnes qui exerçaient déjà des pratiques thérapeutiques au moment de la législation de 1947 et qui remplissaient les conditions de déclaration prévues à l’époque.

Ce n’est pas un dispositif permettant aujourd’hui à de nouveaux praticiens de se déclarer librement sous ce régime.

Il s’agit d’une disposition héritée de la transition législative de l’après-guerre.

Autrement dit, un problème professionnel né il y a près de quatre-vingts ans a laissé une trace dans le droit japonais contemporain.

Cela montre que les lois ne sont pas seulement des textes abstraits.

Elles portent aussi la mémoire des conflits, des compromis et des situations humaines qui ont accompagné leur élaboration.

Article 19 — La protection professionnelle des personnes aveugles

Cet article permet de comprendre un aspect social essentiel de l’histoire japonaise.

Au Japon, l’Anma a longtemps constitué une activité professionnelle importante pour les personnes aveugles ou malvoyantes.

Cette relation possède une histoire ancienne, qui mérite à elle seule une étude approfondie.

Lorsque le Shiatsu et le massage ont été intégrés au même cadre professionnel que l’Anma, la question de la protection de l’emploi des praticiens aveugles est devenue particulièrement importante.

L’article 19 prévoit, sous certaines conditions, la possibilité de limiter la création ou l’augmentation de capacités de formation destinées aux personnes voyantes, afin de protéger les moyens de subsistance des praticiens aveugles.

Pour un lecteur français, cette disposition peut paraître inhabituelle.

Elle reflète cependant une réalité sociale spécifique à l’histoire du Japon.

Il ne faut pas analyser les débats de l’époque uniquement comme une opposition entre les praticiens de Shiatsu et l’administration.

Les praticiens d’Anma, notamment ceux qui étaient aveugles, avaient eux aussi une profession et des moyens de subsistance à défendre.

Comprendre cette dimension sociale permet de porter un regard plus équilibré sur l’ensemble de cette histoire.


10. Qu’a gagné le Shiatsu en devenant une profession réglementée ?

Après ce parcours historique, une question me paraît fondamentale.

Qu’a gagné le Shiatsu en entrant dans le système japonais des qualifications professionnelles ? Et qu’est-ce qui a pu changer dans sa manière d’être enseigné et compris ?

La reconnaissance officielle a certainement apporté des éléments importants.

Elle a clarifié le statut professionnel du Shiatsu.

Elle a contribué à structurer l’enseignement, les examens et les exigences de qualification.

Elle a permis d’établir des responsabilités et des règles destinées à protéger les personnes qui reçoivent des séances.

Il serait donc injuste de présenter cette évolution uniquement comme une limitation de la liberté des praticiens.

Mais il est également possible de se demander si cette institutionnalisation n’a pas contribué à modifier les frontières et les représentations du Shiatsu.

Lorsqu’une pratique entre dans un système de qualification, il devient nécessaire de préciser son champ professionnel, son enseignement et ses rapports avec les autres professions.

Or l’histoire des techniques corporelles ne suit pas toujours des frontières aussi nettes.

Les gestes se transmettent, se transforment et se rencontrent.

Les méthodes évoluent avec les enseignants, les écoles et les contextes culturels.

C’est pourquoi je voudrais formuler une hypothèse.

En acquérant une reconnaissance professionnelle, le Shiatsu a peut-être gagné une place plus claire dans la société japonaise, tout en voyant certains de ses liens historiques avec d’autres traditions corporelles devenir moins visibles.

Je tiens à souligner qu’il s’agit ici d’une hypothèse de recherche.

Il faudrait comparer les ouvrages anciens, les programmes d’enseignement, les témoignages de praticiens et les publications professionnelles pour pouvoir la vérifier.

Peut-être découvririons-nous des éléments qui se sont effectivement effacés.

Mais nous découvririons sans doute aussi des connaissances et des pratiques qui se sont développées grâce à l’institutionnalisation.

Les deux aspects méritent d’être étudiés.

11. Revenir à Tamai Tenpeki

Après ce détour par l’histoire législative, je reviens donc à mon point de départ : Shiatsu-hō de Tamai Tenpeki.

Cet ouvrage constitue un témoignage important d’une période antérieure à l’intégration du Shiatsu dans le système professionnel actuel.

Il nous permet d’examiner la manière dont un auteur de cette époque concevait le travail sur le corps, les pressions et l’entretien de la santé.

Nous pouvons y chercher des ressemblances avec les méthodes contemporaines.

Mais aussi des différences.

Il serait tentant de considérer qu’un ouvrage ancien révèle nécessairement le Shiatsu « authentique », avant les transformations ultérieures.

Je préfère éviter cette conclusion.

Tamai Tenpeki lui-même était un auteur et un praticien inscrit dans son époque.

Il avait probablement ses influences, ses choix techniques, sa manière d’organiser les connaissances et de présenter sa méthode.

Pour comprendre sa contribution, il faudra comparer son ouvrage à d’autres documents de son temps.

Quelle relation entretenait-il avec l’Anma ?

Quelle place accordait-il au travail abdominal ?

Comment concevait-il les rapports entre soin, entretien de la santé et renforcement du corps ?

Quels éléments retrouverons-nous, plus tard, dans les approches de Namikoshi Tokujiro ou de Masunaga Shizuto ?

Ces questions restent largement ouvertes dans le cadre de ma recherche actuelle.

Mais elles donnent déjà une direction passionnante à notre travail.

Le stage consacré à Shiatsu-hō ne sera donc pas simplement l’occasion de reproduire des gestes anciens.

Il s’agira de les lire, de les analyser, de les replacer dans leur contexte et, lorsque cela est pertinent et sûr, de les explorer par l’expérience corporelle.

C’est dans cette rencontre entre l’étude historique et la pratique que j’espère faire apparaître de nouvelles compréhensions.

12. Pourquoi cette histoire me paraît importante pour les praticiens français

Je suis né au Japon, mais c’est en France que j’exerce et que j’enseigne le Shiatsu depuis de nombreuses années.

Cette situation me donne une perspective particulière.

Le Shiatsu est né et s’est développé dans un contexte culturel japonais.

Il s’est ensuite diffusé dans d’autres pays, où il a rencontré de nouvelles sensibilités, de nouvelles approches du corps et de nouvelles réalités sociales.

La France possède sa propre histoire des pratiques manuelles, des professions de santé et des méthodes de bien-être.

Le Shiatsu y est aujourd’hui enseigné et pratiqué dans un cadre qui ne se confond pas avec le système japonais.

Il faut notamment distinguer la reconnaissance professionnelle japonaise des différents dispositifs français de formation ou de certification.

Il ne serait pas exact de présenter le Shiatsu comme une profession de santé réglementée en France au même titre qu’il l’est dans le cadre japonais de l’Anma Massage Shiatsu-shi.

De même, l’existence d’un diplôme national japonais ne confère pas automatiquement les mêmes droits professionnels en France.

Le droit français réserve certains actes aux professionnels de santé légalement habilités et encadre notamment l’exercice illégal de la médecine ainsi que certaines autres professions.

Mais ces règles françaises ne sont pas une traduction directe de la loi japonaise.

Leur histoire, leur logique et leurs catégories sont différentes.

Cette distinction est indispensable pour comprendre correctement la situation du Shiatsu dans les deux pays.

Cependant, mon objectif ici n’est pas de proposer une étude comparative complète du droit français et du droit japonais.

Ce travail demanderait une recherche juridique spécifique.

Ce qui m’intéresse avant tout, c’est de comprendre comment une pratique corporelle née dans une société particulière a été progressivement définie, réglementée et reconnue par cette société.

Puis de transmettre cette histoire à des praticiens qui vivent dans un autre contexte culturel.

En France, nous apprenons souvent le Shiatsu à travers une école, une méthode ou une tradition particulière.

Nous pouvons alors avoir tendance à considérer cette approche comme une représentation évidente du Shiatsu.

Mais l’histoire nous montre que le Shiatsu a connu différentes formes, différentes interprétations et différentes étapes de reconnaissance.

Cela nous invite à regarder notre propre pratique avec davantage de recul.

Pourquoi exerçons-nous les pressions de cette manière ?

Pourquoi utilisons-nous telle posture ?

Pourquoi accordons-nous de l’importance à telle région du corps ?

Pourquoi certaines écoles travaillent-elles avec les méridiens, tandis que d’autres adoptent des références différentes ?

Et au-delà de ces différences, qu’est-ce qui fait la spécificité du Shiatsu ?

Je ne pense pas que l’étude historique fournisse une réponse unique à toutes ces questions.

Mais elle peut nous aider à les poser plus clairement.

Apprendre l’histoire du Shiatsu, ce n’est pas seulement découvrir son passé. C’est aussi acquérir la liberté de regarder autrement ce que nous pratiquons aujourd’hui.


13. Une recherche encore largement ouverte

Je voudrais insister sur un point.

Ce texte n’est pas une conclusion définitive.

Il constitue une première synthèse de recherches que j’ai entreprises en préparant mon stage.

J’ai volontairement privilégié les grandes évolutions historiques plutôt qu’une analyse détaillée de chaque texte législatif.

Or, derrière chacune des dates évoquées, il existe de nombreux documents, des débats parlementaires, des décisions administratives et des situations professionnelles qui mériteraient d’être étudiés beaucoup plus précisément.

Voici quelques repères permettant de suivre le fil de cette histoire.

Année Événement Importance pour l’histoire du Shiatsu
1930 Réglementation des pratiques thérapeutiques par la police métropolitaine de Tokyo Un exemple du contrôle administratif des pratiques corporelles avant-guerre
1947–1948 Adoption et entrée en vigueur de la loi n° 217 Profonde réorganisation du cadre professionnel des pratiques thérapeutiques
1955 Intégration du Shiatsu dans le domaine légal de l’Anma Première étape majeure de sa reconnaissance dans le système national
1960 Arrêt de la Cour suprême du Japon Clarification des conditions de prohibition et de sanction de certaines pratiques non réglementées
1964 Adoption du nom Anma Massage Shiatsu-shi Inscription explicite du Shiatsu dans l’intitulé officiel de la qualification professionnelle

Cette chronologie ne raconte évidemment pas toute l’histoire.

Il faudrait notamment approfondir les débats de 1955 et de 1964, en étudiant les prises de position des différents représentants professionnels.

Il faudrait aussi examiner les relations entre les évolutions législatives et les transformations de l’enseignement du Shiatsu.

Comment les écoles ont-elles réagi ?

Les contenus des formations ont-ils changé ?

Comment les praticiens ont-ils présenté leur métier au public ?

Et comment les grands enseignants de l’après-guerre ont-ils vécu cette évolution ?

Je souhaite également approfondir la lecture de Shiatsu-hō et la comparaison avec d’autres ouvrages anciens.

Une autre question reste ouverte : comment les méthodes de travail corporel, les conceptions de la santé et les formes d’enseignement ont-elles évolué parallèlement à la réglementation ?

Pour répondre sérieusement, il faudra du temps, des lectures et probablement de nouvelles rencontres.

Il est donc tout à fait possible que certaines de mes interprétations actuelles soient modifiées au cours de cette recherche.

Cela fait partie du travail.

Je ne cherche pas à défendre une version figée de l’histoire.

Je souhaite au contraire avancer progressivement, à partir des documents, en acceptant que de nouvelles découvertes puissent remettre en question certaines idées.

Conclusion — Redécouvrir le Shiatsu à travers son histoire

Lorsque j’ai commencé à préparer ce stage sur l’ouvrage de Tamai Tenpeki, je ne pensais pas que mes recherches me conduiraient aussi loin dans l’histoire juridique et sociale du Japon.

Je voulais d’abord mieux comprendre des techniques anciennes.

Mais j’ai progressivement découvert que l’histoire du Shiatsu ne pouvait pas être séparée de celle des personnes qui l’ont pratiqué, enseigné et défendu.

Le Shiatsu n’a pas évolué uniquement grâce aux gestes des praticiens.

Il s’est également transformé au contact des institutions, des politiques de santé, des organisations professionnelles et des changements de la société japonaise.

Sa reconnaissance officielle a été le résultat d’un long processus, marqué par des difficultés, des débats et des compromis.

Mais cette reconnaissance n’a pas épuisé la question de ce qu’est le Shiatsu.

Il existe encore beaucoup à apprendre de son histoire technique, culturelle et humaine.

Je ne souhaite pas idéaliser le Shiatsu ancien.

Je ne cherche pas davantage à remettre en cause le Shiatsu contemporain.

Ce qui m’intéresse, c’est de mieux comprendre comment nous en sommes arrivés aux pratiques que nous connaissons aujourd’hui.

Et peut-être, à travers cette compréhension, découvrir de nouvelles possibilités dans notre propre travail.

C’est dans cet esprit que j’aborde le stage consacré à Shiatsu-hō.

Nous allons nous intéresser à un ouvrage ancien, à ses techniques, à sa manière de concevoir le corps et à son contexte historique.

Nous allons également confronter ces connaissances à notre expérience de praticiens d’aujourd’hui.

Qu’allons-nous découvrir ?

Je ne le sais pas encore entièrement.

Mais c’est précisément ce qui rend cette recherche passionnante.

Étudier l’histoire du Shiatsu ne signifie pas revenir au passé.

C’est apprendre à regarder notre pratique actuelle avec des yeux nouveaux.


Pour aller plus loin — Sources historiques et juridiques

Les documents suivants constituent quelques-unes des principales sources de cette première recherche.

La législation japonaise actuelle

Anma Massage Shiatsu-shi, Hari-shi, Kyū-shi-tō ni Kansuru Hōritsu (あん摩マツサージ指圧師、はり師、きゆう師等に関する法律).

Texte disponible sur le portail officiel japonais e-Gov : https://laws.e-gov.go.jp/law/322AC0000000217

La réforme de 1955

Loi japonaise n° 161 du 12 août 1955, intégrant explicitement le Shiatsu au champ de l’Anma.

https://www.shugiin.go.jp/internet/itdb_housei.nsf/html/houritsu/02219550812161.htm

Les débats parlementaires de 1955

Compte rendu de la Commission des affaires sociales et du travail de la Chambre des conseillers, séance du 21 juillet 1955.

https://kokkai.ndl.go.jp/simple/detail?minId=102214410X02919550721

La réforme de 1964

Loi japonaise n° 120 du 30 juin 1964, établissant notamment l’intitulé Anma Massage Shiatsu-shi et modifiant les dispositions concernant les praticiens déjà déclarés.

https://www.shugiin.go.jp/internet/itdb_housei.nsf/html/houritsu/04619640630120.htm

Note sur les traductions et les comparaisons juridiques

Les termes juridiques japonais présentés dans cet article sont traduits de manière explicative afin d’être compréhensibles pour un lectorat francophone. Les rapprochements avec les institutions françaises servent uniquement à éclairer leur fonction générale ; ils ne signifient pas que les deux systèmes possèdent des catégories juridiques identiques.

Les dispositions japonaises sont présentées dans une perspective historique et générale. Leur application à une situation professionnelle particulière nécessite l’examen des textes en vigueur et, le cas échéant, une analyse juridique spécialisée.

Cette première synthèse sera complétée et, si nécessaire, corrigée au fur et à mesure de l’avancement de mes recherches sur l’histoire du Shiatsu et sur l’ouvrage de Tamai Tenpeki.

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Stage : Le prémier livre de shiatsu,
« 指圧法 Shiatsu Hô »
de
TAMAI Tenpeki 

Plonger au cœur du prémier livre de shiatsu : Une Exploration histrique, culturelle et spirituelle de l’Œuvre de Tenpeki TAMAI.

Stage animé par Toshi ICHIKAWA
21-22 novembre 2026,
Montparnasse, Paris.

https://toshiatsu.com/stage-le-premier-livre-de-shiatsu/

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指圧は、どのようにして「指圧」になったのか?

玉井天碧『指圧法』からたどる、日本の指圧の知られざる歴史――国家資格への道、民間療術との分岐、そして現代に残された問い

講習会『指圧法』に向けた研究ノート/第一稿・2026年10月

本稿は研究途中の暫定的なレジュメです。歴史的事実を整理すると同時に、今後の調査で深めていきたい問いを提示するものです。

はじめに――この研究で見えてきたこと

私は現在、パリで開催する玉井天碧の『指圧法』をテーマとした講習会の準備を進めている。

日本で生まれ、長年フランスで指圧を仕事とし、また指圧を教えてきた私にとって、この古い本との出会いは、自分が知っているはずの指圧を改めて見つめ直す機会となった。

本を読み進めるうちに、技術そのものだけでなく、一つの疑問が浮かんできた。

そもそも、現在私たちが「指圧」と呼んでいるものは、いつ、どのように成立したのだろうか。

その疑問から、日本における指圧の法規制の歴史を調べ始めた。

すると、予想していた以上に複雑で、興味深い歴史が現れてきた。

現在の日本では、指圧は国家資格制度の中に位置づけられている。しかし、それは最初から当然のことだったわけではない。

戦前には、按摩、按腹、導引、整体など、さまざまな身体技法が存在し、指圧もそうした広い療術文化の中で発展していた。

戦後、1947年に制定された法律によって、指圧を含む多くの民間療術業者は、職業の継続に関わる大きな問題に直面することになった。

1955年、指圧はようやく法律上の免許制度に取り込まれた。しかし、その方法は、指圧を按摩の業務に含めるというものだった。

1960年には、最高裁判所が民間療術の禁止・処罰について重要な判断を示した。そして1964年、「指圧」という名称が国家資格の名称に明記された。

この一連の出来事を追っていくと、指圧の歴史は、単に技術が発達してきた歴史ではないことがわかる。

そこには、職業を守ろうとした施術者たち、国の衛生行政、既存の按摩業界、視覚障害者の職業問題、そして多様な民間療術の存続をめぐる社会的な動きがあった。

興味深いのは、法律が「指圧」を認めたことと、指圧という技術の本質を明らかにしたことは、必ずしも同じではないという点である。

玉井天碧の『指圧法』を読むことは、この問題を考えるための一つの入口になる。

本稿では、これまで調べてきた歴史の大きな流れを紹介し、現在の日本の法律との関係を整理したい。

これは結論ではない。調べるべき資料も、論じるべき問題も、まだ数多く残っている。

むしろ、この研究を通じて生まれた新たな問いを、今回の講習会に参加する皆さんと共有したいと思っている。

1.一冊の古い指圧書から始まった、思いがけない歴史探究

今回の講習会を準備するにあたり、私は玉井天碧の『指圧法』を改めて読み始めた。

私の最初の関心は、もちろん施術技術そのものにあった。

当時の指圧では、どのように身体に触れ、どのように圧を加えていたのか。現在の指圧と何が共通し、何が異なるのか。今でも学ぶ価値のある技術や考え方が、そこに残されているのではないか。

しかし、この本を理解しようとするほど、技術が生まれた時代のことを知らなければならないと感じるようになった。

現代の私たちは、指圧という言葉を何の疑問もなく使っている。

指圧には指圧の技術があり、按摩には按摩の技術があり、整体には整体の技術がある。学校や流派によって多少の違いはあっても、それぞれが別の体系として存在しているように見える。

ところが、少し時代をさかのぼると、これらの境界は必ずしも現在ほど明確ではなかったことがわかってくる。

では、現在のような区別は、どのように形成されたのだろうか。

技術そのものの違いによって自然に分かれていったのか。それとも、教育制度や職業上の利害、法律による分類も関係していたのか。

この疑問から、私は日本の指圧の法制度を調べ始めた。

そして、その歴史の中に、指圧を理解するうえで見過ごすことのできない出来事がいくつも存在することを知った。

今回の研究は、そうした発見の途中経過である。

2.法律に認められる前から、指圧は存在していた

まず、重要なことを確認しておきたい。

指圧は、国家資格制度が作られたことによって誕生した技術ではない。

日本には古くから、按摩、按腹、導引、柔術の活法など、身体に触れ、圧を加え、動かし、整える多様な技法が存在していた。

近代になると、これらに加えて整体術や、海外から紹介されたカイロプラクティック、オステオパシーなども、身体療法の世界に登場してくる。

もちろん、これらすべてが同じ技術だったという意味ではない。

また、それぞれが指圧の成立にどの程度直接的な影響を与えたのかについては、今後、個別の史料を調べる必要がある。

しかし、指圧を最初から他の身体技法と完全に切り離された独立の存在として理解するのは、歴史を単純化しすぎることになるだろう。

玉井天碧の『指圧法』が興味深いのも、この点にある。

この著作には、身体の各部位への施術だけでなく、健康や身体の強健を目指す考え方も見られる。

例えば、「腹内臓器強健法」という章題からは、腹部への働きかけを、単なる局所的な処置以上のものとして捉えようとする著者の関心がうかがえる。

ここで私は、指圧の技術を学ぶことと、指圧の歴史的な身体観を理解することは、切り離せないのではないかと考えるようになった。

ただし、玉井の著作が当時の指圧界全体を代表していたかどうかは、別の問題である。同時代の書物との比較が必要になる。

一冊の本から、指圧の全歴史を語ることはできない。しかし、一冊の本を丁寧に読むことから、これまで気づかなかった歴史への扉が開くことはある。

今回の講習会では、その可能性を探りたい。

3.戦前の日本――さまざまな療術が存在した時代

戦前の日本では、按摩、鍼、灸など、すでに営業上の規制を受けていた施術が存在する一方で、それ以外にも多様な民間療術が行われていた。

身体に圧を加える方法、関節や姿勢を調整する方法、光線や電気、温熱を利用する方法など、その内容は幅広かった。

当時の人々は、こうした施術に健康の維持や不調の改善を期待していた。

一方、行政にとっては、誰が、どのような方法で、どの程度安全に施術を行っているのかを把握することが課題となった。

1930年、東京では警視庁によって「療術行為ニ関スル取締規則」が制定された。

この規則は、戦前の療術が警察行政の取締対象となっていたことを示す重要な資料である。

ただし、これは全国一律の法律ではなく、警視庁の管轄に関する規則だった。

また、当時の行政が個々の手技をどのように分類していたのかについては、まだ詳しい調査が必要である。

指圧、整体、その他の手技療法の境界が、行政上どのように理解されていたのか。

施術者自身は、それぞれの技術をどのように説明していたのか。

この問題には、まだ多くの研究の余地が残されている。

ここでは、戦前の日本に、現在よりも多様で、互いの境界が必ずしも固定されていない療術の世界が存在していたことを確認しておきたい。

4.戦後日本の大転換――1947年の法律第217号

指圧の歴史を調べるうえで、避けて通れないのが1947年の法律である。

1947年12月20日、「按摩、はり、きゅう、柔道整復等営業法」が公布され、翌1948年1月1日に施行された。

これは昭和22年法律第217号と呼ばれる法律であり、現在の「あはき法」の出発点となった。

この法律は、按摩、鍼、灸、柔道整復などを免許制度の下に置き、それ以外の医業類似行為については、原則として営業を禁止する仕組みを設けた。

すでに療術を職業として行っていた人々には、一定の条件の下で営業を続ける経過措置が認められた。

しかし、その営業継続には期限が設けられていた。

ここで、指圧業者たちは非常に難しい状況に置かれた。

指圧という技術はすでに存在し、指圧によって生計を立てている人々もいた。

それにもかかわらず、指圧は独立した免許業務として法律に認められていなかったのである。

法律の施行によって、彼らはすぐに全員が廃業させられたわけではない。

しかし、将来にわたって職業を続けられるかどうかが不確実になった。

この法律が制定されたのは、敗戦からまだ間もない時期である。

日本社会では、行政制度や職業制度の再編が進められていた。公衆衛生の向上、施術の安全性、資格制度の整備は、政府にとって重要な課題だった。

その一方で、施術者にとっては、生活を支える仕事を続けられるかどうかという切実な問題があった。

国が施術の安全性と職業制度を整えようとすることと、すでに仕事をしている人々の生活を守ること。この二つの課題が、戦後の療術制度の中で衝突したのである。

5.「指圧業者は受難の道を歩んだ」――当事者たちの声

この問題を調べていると、1955年の国会審議に残された、非常に印象的な証言に出会う。

指圧業界側の参考人は、1947年の法律について、次のように語っている。

「私ども指圧業者はどんなに受難の道を歩んだか言葉には尽せないのであります。」

この短い言葉には、当時の指圧業者が抱えていた不安や不満が表れている。

ここで私が興味を持ったのは、法律の条文そのものだけではない。

指圧という技術を守り、指圧という名前で仕事を続けようとした人々が、実際に存在していたということである。

私自身、長年、指圧を職業としてきた。

施術者として仕事を続け、学校で指圧を教え、次の世代へ技術を伝えることが、どれほど大切なことかはよく理解できる。

もし、ある日突然、自分の仕事が将来は禁止されるかもしれないと言われたら、どうだろうか。

しかも、その仕事を続けるためには、自分が用いてきた指圧という名称ではなく、別の施術の資格を取得しなければならないとしたら。

当時の指圧業者の置かれた状況を想像すると、この問題は、単なる法律の改正として片づけられなくなる。

もちろん、国会での証言は当事者の立場から語られたものであり、当時のすべての施術者が同じ意見だったと考えるべきではない。

按摩業界にも、鍼灸業界にも、それぞれの立場と事情があった。

しかし、だからこそ、この歴史は興味深い。

そこには、技術の違いだけでは説明できない、職業、生活、社会的な承認をめぐる問題が存在していたのである。

6.1955年――指圧は法律に認められた。しかし、按摩の一部として

1955年、指圧の歴史に大きな転換が訪れる。

法律の改正によって、指圧が按摩の業務に含まれることになったのである。

これは、指圧が国家資格制度の中に位置づけられるための重要な一歩だった。

しかし、その方法は、独立した「指圧師」という資格を作ることではなかった。

当時の法律は、按摩の中にマッサージと指圧を含めるという形を採用した。

つまり、指圧は法律上認められたものの、按摩という既存の資格制度の中に組み込まれたのである。

日本法令索引
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ここには、指圧の歴史を考えるうえで、非常に興味深い問題がある。

指圧業者たちは、自分たちの技術を社会に認めてもらいたかった。

しかし、それが按摩の一部として認められることについては、抵抗もあった。

なぜなら、指圧業者の中には、指圧を按摩とは異なる独自の技術だと考える人々がいたからである。

1955年の国会審議では、指圧の法的地位をめぐって、こうした立場の違いが議論されている。

私には、この問題が、現代の指圧界にもつながるものに思える。

私たちは、指圧を一つの独立した療法として考えることが多い。

しかし、何をもって指圧を独立した療法と呼ぶのだろうか。

圧を加える技術の違いなのか。

身体に対する考え方なのか。

施術の目的なのか。

それとも、教育の歴史や、施術者自身が持つ職業的な意識なのか。

法律は指圧を按摩の業務に含めた。

しかし、それによって「指圧とは何か」という問いに最終的な答えが与えられたわけではなかった。

むしろ、その問いは一層明確になったのではないだろうか。

7.1960年――最高裁判所が示した、もう一つの転換点

1955年に指圧が按摩の業務に組み込まれた一方で、指圧以外の民間療術業者の問題は残っていた。

整体、各種の手技療法、電気や温熱などを利用する療術は、引き続き国家資格制度の外側に位置づけられていた。

そこで重要な出来事となったのが、1960年1月27日の最高裁判所大法廷判決である。

この判決は、医業類似行為の禁止・処罰について、人の健康に害を及ぼすおそれがあることを重視した。

つまり、資格制度の対象外となる療術について、単に無資格で営業しているという理由だけで一律に処罰することには、法律上の限界があると示したのである。

これは、民間療術の歴史において重要な判断だった。

ただし、この判決によって、あらゆる療術が自由に営業できるようになったわけではない。

特に指圧は、すでに1955年に按摩の免許制度へ組み込まれていた。

そのため、指圧については、他の民間療術とは異なる規制が適用された。

ここで、歴史的には互いに関係していた身体技法が、法律上は異なる道を歩むことになった。

一方には、国家資格制度の中に位置づけられた指圧。

もう一方には、国家資格制度の外側に残された民間療術。

この区別は、現在の日本で指圧と整体などがどのように扱われているかを理解するうえでも重要である。

しかし、私はここで一つの疑問を感じる。

法律によって別々に分類された技術は、身体技法としても、それほど明確に区別できるものなのだろうか。

この問題には、まだ多くの議論の余地がある。

8.1964年――ついに「指圧」が国家資格の名称に入る

1964年、指圧の法制度におけるもう一つの重要な改正が行われた。

それまでの「あん摩師」という資格名称が、「あん摩マッサージ指圧師」へと変更されたのである。

法律の条文でも、あん摩、マッサージ、指圧が並列して記載されるようになった。

shugiin.go.jp

これは、指圧業界にとって大きな意味を持ったと考えられる。

1955年には、指圧は按摩の中に含まれるものとして認められた。

1964年には、指圧という名称そのものが、国家資格の名称に明記された。

ただし、ここでも独立した指圧師免許が作られたわけではない。

按摩、マッサージ、指圧は、一つの免許制度の中に置かれたままだった。

一方、指圧以外の既存届出療術業者についても、大きな変化があった。

それまで何度も延長されてきた営業期限が撤廃され、一定の歴史的条件を満たす業者は、期限を定めずに営業を続けられるようになった。

しかし、これは新しく民間療術を始めるすべての人に、自由な営業を認めたということではない。

既存業者の生活を守るための、特別な経過措置だったのである。

このようにして、1947年から続いてきた療術業者の問題は、一つの節目を迎えた。

指圧は国家資格制度の中に位置づけられ、その他の既存療術業者には、別の形で存続する道が残された。

しかし、技術の境界や職業制度をめぐる問題が、すべて解決されたわけではなかった。

9.現在の日本では、指圧はどのように扱われているのか

ここまで歴史を調べてきて、私は改めて現在の日本の法律に戻ってみた。

現在の法律の正式名称は、「あん摩マツサージ指圧師、はり師、きゆう師等に関する法律」である。

一般には「あはき法」と呼ばれている。

興味深いのは、この法律が1947年の法律第217号を出発点としながら、何度も改正されて現在に至っていることである。

つまり、現在の法律を読むことは、戦後の指圧業界が経験してきた歴史の積み重ねを読むことでもある。

その中から、指圧に関係する重要な条文をいくつか取り上げてみたい。

第1条――指圧を職業とするには免許が必要である

第1条は、日本で医師以外の者が、あん摩、マッサージ、指圧を業として行う場合、あん摩マッサージ指圧師免許を必要とすると定めている。

この条文は、現在の指圧の法的な位置づけを最も端的に表している。

指圧は、日本では国家資格の対象となる施術なのである。

しかし、ここで一つのことに気づく。

法律には「指圧」という言葉が書かれているが、指圧の技術的な内容が、この条文で詳しく説明されているわけではない。

どのように圧を加えるのか。

どのような身体の使い方をするのか。

経絡を用いる指圧と、経絡を用いない指圧は、どのような関係にあるのか。

法律の第1条は、こうした問題に直接答えていない。

法律は、誰が指圧を職業として行えるかを定めている。

しかし、指圧という身体技法のすべてを定義しているわけではない。

この違いは、私にとって非常に重要な発見だった。

e-Gov 法令検索

第2条――指圧を学ぶための教育制度

第2条は、免許取得に必要な教育と国家試験を定めている。

現在、日本であん摩マッサージ指圧師の資格を取得するには、原則として所定の学校や養成施設で3年以上学び、国家試験に合格する必要がある。

解剖学、生理学、病理学などの知識も必要とされる。

この制度には、専門職として一定の知識と技術を備え、安全な施術を行うための重要な役割がある。

一方で、指圧を学ぶことの意味を、資格取得だけに限定することはできないだろう。

歴史、身体文化、施術者自身の身体の使い方、触れることの意味など、指圧にはさまざまな学びの領域がある。

今回の『指圧法』講習会は、まさにそのような学びを深めるためのものでもある。

第4条・第5条――施術には限界と責任がある

法律は、資格を持つ施術者であっても、外科手術や薬品の投与などを自由に行えるわけではないことを定めている。

また、骨折や脱臼の患部への施術についても、医師の同意に関する制限がある。

これらの規定は、身体に触れる専門職としての責任を考えるうえで重要である。

古い指圧書に書かれた技法を研究する場合にも、当時の記述をそのまま現代に適用するのではなく、現在の解剖学的知識や安全基準に照らして検討しなければならない。

歴史的な技術を尊重することと、そのすべてを無条件に再現することは別なのである。

第7条――指圧をどのように社会へ紹介できるのか

第7条は、施術所や施術業務に関する広告を規制している。

これは、指圧を職業として行う人々にとって、現在も実際的な意味を持つ規定である。

指圧の効果をどのように説明するか。何を広告として表示できるか。施術者としての専門性を、どのような言葉で社会に伝えるか。

これらは、単なる宣伝技術の問題ではない。

施術を受ける人々に対し、誤解を与えず、責任を持って情報を提供するという問題でもある。

ただし、歴史的な著作を研究し、その内容を紹介することと、施術の治療効果を宣伝することは区別して考える必要がある。

第12条――指圧以外の民間療術との境界

第12条は、免許制度の対象外となる医業類似行為を、原則として業として行ってはならないと定めている。

しかし、この条文を理解するには、1960年の最高裁判決を無視することはできない。

判決は、資格制度外の医業類似行為の禁止・処罰について、健康への危害のおそれを重要な要件として示した。

したがって、現在の整体やその他の民間療術の法的な扱いを考える際には、条文だけでなく、その解釈と判例も検討する必要がある。

また、施術の名称を「整体」や「リラクゼーション」に変えれば、法律上の指圧を自由に行えるというわけでもない。

実際にどのような施術を行っているかが問題となる。

第12条の2――現在の法律の中に残る、戦後の療術史

私が特に興味深いと感じたのが、第12条の2である。

この条文には、1947年の法律公布当時から一定期間、対象となる医業類似行為を行い、所定の届出を済ませていた人々について、例外的に営業を継続できる規定が残されている。

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これは、現在の新規開業者が利用できる一般的な届出制度ではない。

戦後の特殊な状況の中で営業していた人々のために設けられた、歴史的な経過措置である。

つまり、現在の法律の中には、1947年に始まった療術業者の問題が、今も条文として残っているのである。

この事実は、法律というものが、その時代の社会的な問題や、人々の生活を反映しながら形成されていくことをよく示している。

第19条――指圧の制度化と視覚障害者の職業

もう一つ見落とせないのが、第19条である。

この条文には、視覚障害者であるあん摩マッサージ指圧師の生計を守るため、視覚障害のない人を対象とする養成施設の新設や定員増加を制限できる仕組みが定められている。

これは、日本の按摩の歴史と深く関係している。

按摩は長い間、視覚障害者の重要な職業の一つだった。

そのため、指圧を按摩の資格制度に組み込むことは、単に施術技術を分類する問題ではなかった。

既存の職業を守ること、教育機会をどのように配分するかという、社会的な問題でもあったのである。

指圧業者が自分たちの職業を守ろうとしていたのと同じように、按摩業界にも守るべき生活と職業が存在していた。

この視点を忘れてしまうと、指圧の歴史を一方的な物語として理解してしまう危険がある。

10.指圧は何を得て、何を変えたのだろうか

ここまでの歴史を振り返ると、私は一つの問いに行き着く。

国家資格制度の中に入ることによって、指圧は何を得て、何を変えたのだろうか。

指圧が法的に認められたことには、大きな意義があった。

職業としての社会的な位置づけが明確になり、教育制度や資格制度が整えられた。

施術者の知識と技能、安全性、責任を社会的に管理する仕組みも発展した。

一方で、法律によって施術が分類されることは、技術の境界を明確にすることでもあった。

指圧は按摩・マッサージとともに、一つの資格制度に位置づけられた。

その他の民間療術は、別の法的な扱いを受けることになった。

しかし、身体技法の歴史は、法律の分類ほど単純ではない。

技術は人から人へ伝わり、異なる流派や文化と交流し、時代に応じて変化していく。

そのため、現在の法律上の区別を、そのまま過去に当てはめることには慎重であるべきだろう。

ここで、今回の研究における一つの仮説を提示したい。

指圧の制度化は、指圧の社会的な地位を明確にした一方で、指圧がもともと持っていた可能性のある幅広い身体文化との関係を、見えにくくした面もあるのではないだろうか。

これは、現段階では仮説にすぎない。

実際にそのような変化があったのかを確かめるためには、戦前と戦後の指圧書、養成教育の資料、施術者たちの証言を比較する必要がある。

制度化によって失われたものがあったのか。

逆に、制度化によって初めて広く伝えられるようになったものは何だったのか。

この両方を調べることが重要だと思う。

11.玉井天碧の『指圧法』へ、もう一度戻る

こうして法律の歴史を調べた後で、私は再び玉井天碧の『指圧法』に戻ってみたい。

この本は、現在の国家資格制度が成立する以前の指圧を知るための重要な資料である。

そこには、当時の著者がどのような身体観を持ち、何を指圧と考え、どのような技術を体系化しようとしていたのかを知る手掛かりがある。

例えば、今回取り上げる「腹内臓器強健法」は、指圧と健康法の関係を考えるうえで興味深い。

また、身体の各部位に対する施術法を読むことで、現在の指圧との共通点や相違点を具体的に比較できるだろう。

ただし、古い本に書かれているからといって、それが指圧の本来の姿であると即断するつもりはない。

玉井天碧もまた、ある時代の中で、自分なりの指圧を体系化しようとした一人の人物だったはずである。

彼が何を受け継ぎ、何を新しく組み立てたのか。

同時代の按摩や按腹、導引などとの関係はどうだったのか。

そして、その後の浪越徳治郎や増永静人の指圧と、どのような連続性や違いがあるのか。

こうした問題には、まだ十分な検討の余地がある。

今回の講習会では、こうした歴史的な問いを持ちながら、実際の技術に触れてみたい。

歴史を知ったうえで身体に触れると、同じ技法であっても、その見え方が変わるかもしれない。

そして、古い技法を現代の身体感覚と照らし合わせることによって、文章を読むだけでは気づかなかったことが見えてくるかもしれない。

私が今回の講習会に期待しているのは、まさにそのような発見である。

12.パリから日本の指圧史を考えるということ

私は日本人として生まれ、現在はパリで指圧を職業としている。

日本で成立した指圧が、フランスに渡り、ここでさまざまな人々によって学ばれ、実践されている。

そのこと自体、指圧の歴史の一部だと思う。

日本では、指圧はあん摩マッサージ指圧師という国家資格制度の中に位置づけられている。

しかし、フランスでは、指圧は異なる社会的・文化的な環境の中で受け止められている。

当然ながら、日本のあはき法が、そのままフランスでの指圧の実践を規制するわけではない。

フランスにはフランスの法律があり、医療との関係や職業上の位置づけも、日本とは異なる。

その一方で、私たちが行っている指圧の技術や考え方は、日本の歴史と無関係ではない。

むしろ、日本から離れた場所で指圧を実践しているからこそ、その起源や変遷を改めて問い直す価値があるのではないだろうか。

日本では当然と思われていることが、フランスでは必ずしも当然ではない。

逆に、フランスで指圧を教える中で生まれる疑問が、日本の指圧史を新しい角度から考えるきっかけになることもある。

私にとって今回の研究は、単に日本の法律の歴史を調べることではない。

自分が長年実践し、教えてきた指圧とは、そもそも何なのか。その問いに、もう一度向き合う作業なのである。

13.まだまだ続く研究――今回のまとめは、一つの通過点にすぎない

ここまで、1930年代から1964年までの指圧と民間療術の歴史を中心に、現在の日本の法律との関係を簡単に整理してきた。

大きな流れを年表にすると、次のようになる。

年 主な出来事 指圧の歴史における意味
1930年 警視庁の療術行為取締規則 戦前の多様な療術を行政が把握・規制
1947〜48年 法律第217号の公布・施行 指圧などの民間療術業者に大きな転換
1955年 指圧を按摩の業務に包含 国家資格制度への道が開かれる
1960年 最高裁大法廷判決 民間療術の禁止・処罰について重要な判断
1964年 あん摩マッサージ指圧師への名称変更 指圧の名称が国家資格に明記される

しかし、これはまだ大きな歴史の輪郭を描いたにすぎない。

実際には、ここで取り上げた一つひとつの出来事について、さらに詳しく調べる必要がある。

例えば、1955年の国会では、指圧業界だけでなく、按摩やその他の療術の関係者たちも、それぞれの立場から意見を述べている。

そこには、現在の私たちが想像する以上に複雑な議論があったはずである。

また、法律の改正が、実際の指圧教育や施術方法にどのような影響を与えたのかについても、まだ十分に検討できていない。

浪越徳治郎や増永静人が、この時代の制度的な変化をどのように受け止めていたのかも、今後調べてみたい問題である。

そして、玉井天碧の『指圧法』そのものについても、まだまだ読み込む必要がある。

今回は法律の歴史を中心に整理したが、指圧の歴史を理解するには、施術技術、身体観、教育、社会制度など、複数の側面から検討することが必要だろう。

したがって、ここに書いたことは、最終的な結論ではない。

現時点で確認できた事実と、そこから生まれた問いを整理した、暫定的な研究ノートである。

今後、新たな資料が見つかれば、これまでの理解を修正する必要も出てくるだろう。

私は、そのような修正を含めて、研究を続けていきたいと思っている。

おわりに――指圧を、もう一度発見するために

今回、玉井天碧の『指圧法』を読み始めたことから、思いがけず日本の指圧の法制度の歴史へと関心が広がっていった。

そこで見えてきたのは、指圧という技術が、単に施術者たちの手によって発展してきたのではなく、社会の変化や法律、職業制度とも深く関わりながら現在の姿になってきたということである。

指圧が国家資格として認められるまでには、多くの人々の努力と葛藤があった。

しかし、国家資格として認められたことによって、指圧の意味が完全に定まったわけではない。

現在の指圧の中には、長い歴史を通じて受け継がれてきたものもあれば、時代とともに変化してきたものもあるだろう。

その違いを知ることは、私たちが今行っている指圧を、より深く理解するための手掛かりになる。

私は、古い指圧を無条件に理想化したいわけではない。

また、現代の指圧を否定したいわけでもない。

むしろ、歴史を知ることによって、現在の指圧の豊かさや可能性を、改めて発見したいのである。

今回の『指圧法』講習会は、そのための一つの機会になると考えている。

古い書物を読み、当時の技法を研究し、自分たちの身体で確かめ、現在の指圧と比較する。

そこから何が見えてくるのか。

まだ答えは出ていない。

しかし、答えが出ていないからこそ、探究する価値があるのだと思う。

指圧の歴史を知ることは、過去に戻ることではない。

それは、私たちが今行っている指圧を、もう一度新しい目で見つめ直すことなのである。

参考資料・調査の出発点

今回のレジュメでは、主に次の公的資料を歴史的事実の確認に使用した。

編集上の注記:本稿は公開前の第一稿である。『指圧法』の個別の記述や他の療術との系譜的関係については、今後原本と関連文献を照合して補強する。また、1960年最高裁判決の法的射程や現行法の具体的な適用については、一般的な歴史説明と個別の法律判断を区別する必要がある。